La Mercèdes n° 20 le 11 Juin 1955 aux 24 H. du Mans, jour de l'accident

La Mercèdes n° 20 le 11 Juin 1955 aux 24 H. du Mans, jour de l'accident

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CHOISNET Christiane


Premium (Basic), Fillé-sur-sarthe

La Mercèdes n° 20 le 11 Juin 1955 aux 24 H. du Mans, jour de l'accident

Cliché N&B du samedi.

Photo prise le 11 juin 1955 de la Mercedes n° 20 devant son stand juste avant le départ des 24 Heures du Mans. (cliché développé à l'époque par le studio Lafay Le Mans) et quelques heures avant que cette Mercedes ne se disloque dans la foule coûtant la vie à 84 personnes et faisant de nombreux blessés ; l'accident le plus meurtrier de l'histoire du sport automobile.

Nous étions donc le samedi 11 Juin 1955 et le rendez-vous des 24 Heures était une fête pour les Manceaux - pas forcément passionnés du sport automobile - mais, chaque année, c'était une grande kermesse et beaucoup avaient envahi la route d'accès au circuit, certains avec des escabeaux (pour mieux voir) mais tous avec le pic-nique ; c'était encore "bon enfant".

Les 24 Heures, ce jour-là, étaient vraiment parties sur les chapeaux de roues au grand bonheur des 250 000 spectateurs venus de la France entière, pour la plupart du grand Ouest, certains même de l'étranger. Dès le départ, les favoris que sont l'italien Castellotti sur Ferrari, le champion du monde Fangio sur Mercedes et l'anglais Hawthorn sur Jaguar veulent en découdre et les vitesses sont stupéfiantes.

Or, à 18h30, Hawthorn double l'Austin-Hailey de Macklin puis, brusquement freine pour rentrer au stand. Surpris, par cette "queue de poisson" Macklin freine à mort si brutalement qu'il bloque les roues. Il perd alors le contrôle de sa voiture qui part dans une violente embardée au moment où arrive la Mercedes n° 20 de Levegh. La plage arrière de l'Austin sert de tremplin à la Mercedes auquel s'ajoute alors la poussée aérodynamique qui achève de soulever la voiture ; celle-ci décolle littéralement et escalade les fascines protégeant la foule. Comme un météore et dans une danse terrifiante, le train avant passe sur la foule et fauche sur une cinquantaine de mètres les têtes des spectateurs. La voiture explose en projectiles meurtriers et le malheureux pilote est tué sur le coup.

Stirling Moss et Fangio poursuivent l'épreuve jusqu'à 1 heure du matin lorsque la direction de Mercedes donne l'ordre à son écurie d'interrompre la course en signe de deuil. Malgré l'ampleur du drame, le directeur de course décide de ne pas interrompre la compétition afin de ne pas saturer les routes d'accès par un départ massif de spectateurs. Il en sera vivement critiqué.

Ce drame m'avait marquée. D'abord, par l'émotion suscitée dans la région, mais aussi, parce qu'une jeune voisine âgée de 6 ans et avec qui je jouais souvent, a été fauchée alors qu'elle était juchée sur les épaules de son père. Elle et sa grand-mère ont fait partie des 84 victimes de la tragédie.

Le temps a passé. Le circuit a maintes fois et maintes fois été modifié au nom de la sécurité des pilotes et des spectateurs (pistes élargies, zone de décélération, chicanes sur la ligne droite, départs avec traversée de la piste supprimés, etc). En dépit de ces améliorations, une Mercedes s'envole dans les arbres en 1999 : le circuit du Mans est décidément maudit pour la marque allemande.

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